Boys Noize
Peu de producteurs actuels ont connu une ascension aussi rapide que celle de Boys Noize. De son vrai nom Alexander Rhida, il est devenu la coqueluche des clubbers du monde entier et une valeur sûre quand il s’agit de mettre le feu dans des lieux déjà surchauffés par sa seule présence. A l’instar de Tiga, c’est aussi un remixeur de talent et un patron de label avisé. Entre deux festivals d’été, il fait escale le 31 juillet au Social Club, pour la première fois ! Découvrons quel garçon se cache derrière le bruit…
On entre de plain-pied dans la saison des festivals. Tu es booké tout l’été, comment est-ce qu’on s’y prépare ?
Boys Noize : Pour moi, festival est surtout synonyme de jet lag. Les déplacements sont plus bordéliques que le reste de l’année, il faut jouer un jour en Allemagne et l’autre à 3000 km. Je suis donc de mauvaise humeur avant mais une fois que je suis arrivé, je passe en général d’excellents moments.
Quel est ton festival préféré et celui que tu as hâte de découvrir cet été ?
Boys Noize : Je suis pressé de jouer à Werchter, en Belgique. C’est un endroit énorme, soi-disant le festival numéro 1 en Europe. En plus, mon set est programmé après les concerts de Grace Jones et Yeah Yeah Yeahs, deux artistes que j’admire. Je vais aussi découvrir Lollapalooza, un gros festival américain qui se déroule à Chicago. Je suis toujours intéressé de voir les réactions du public américain face à ma musique. Benicassim aussi, on m’en a tellement parlé. Je n’ai pas de festival préféré mais j’aime la programmation de Melt, en Allemagne.
D’ailleurs, tu vas y jouer avec Erol Alkan…
Boys Noize : Oui, on va jouer ensemble pendant trois heures. J’insiste sur le mot ensemble car ce ne sera pas une battle, nous allons jouer des disques à tour de rôle et comme nous le sentons. On ne se bat pas. Ce sera très techno et je ne jouerai pas mes propres productions. En revanche, nous jouerons sûrement les morceaux que nous avons produits ensemble.
Certains de ces morceaux seront-ils sur ton prochain album ?
Boys Noize : Je ne veux pas trop en dire pour l’instant. Ce sera dans la lignée du premier album, le son sera différent mais j’ai gardé la même attitude sur ma façon d’envisager la musique électronique. Ecoutez le nouveau single Starter et vous aurez une idée de mon évolution. Pas d’inquiétude, ce sera toujours un disque produit pour les clubs.
Peux-tu justement nous en dire plus sur Starter…
Boys Noize : Il y a deux titres très différents dans le maxi : Starter est un banger old school qui ne surprendra pas les fans de Boys Noize mais Jeffer est un morceau d’été assez doux. L’idée derrière chaque track est né d’un remix : Starter découle du remix de Snoop Dogg que j’ai fait il y a deux ans et Jeffer a évolué pendant que je travaillais sur celui de Farley Jackmaster Funk. C’est un titre que j’ai fini seulement en avril.
Quel est ton remix préféré et pourquoi ?
Boys Noize : Sans doute ceux de Snoop Dogg et Kaiser Chiefs. Le premier est vraiment minimal, le kick change tout le temps avec les fréquences du morceau. Cela s’entend seulement sur des grosses enceintes. C’est vraiment une de mes plus grandes fiertés de producteur. Feadz dit que c’est un mélange de Sleeparchive et Boys Noize.
Il paraît que tu es furieux contre le groupe Good Charlotte…
Boys Noize : Ils ont totalement pompé mon logo avec la tête de mort. C’est le même logo avec un angle de vue différent ! Qu’est-ce que je peux y faire ? Ce n’est qu’une tête de mort… C’est la même chose avec les croix qui pullulent si tu vois ce que je veux dire.
Est-ce que tu joues différemment en festival et dans un endroit comme le Social Club ?
Boys Noize : Bien sûr. Dans un club, je peux jouer plus bruitiste, expérimental, profond, electronica… La gamme est plus large. En festival, tant de gens viennent t’écouter mais ne sont pas là pour toi précisément. Tu es obligé de ratisser large.
Que penses-tu des clubbers français ?
Boys Noize : Je les aime parce que je m’amuse toujours avec eux. Quand j’y joue, le public est toujours réceptif à des nouveaux sons ou des changements d’ambiance. J’attends cette date du 31 juillet chez vous avec impatience.
Quels sont les prochains maxis à paraître sur ton label, Boysnoize Records ?
Boys Noize : Un nouveau single de D.I.M. : pure arme de destruction massive du dancefloor ! Ensuite, nous publierons la première sortie d’Erol Alkan sous son propre nom, deux morceaux que j’ai produits avec lui. A la rentrée, un nouvel EP de Strip Steve et mon album en octobre.
Tu utilises beaucoup Twitter. Est-ce pour toi le meilleur moyen de communication entre un artiste et ses fans ?
Boys Noize : Oui ! Par exemple, je ne me suis jamais inscrit sur Facebook. C’est trop personnel, je ne veux pas que d’anciens camarades de classe me contactent. Twitter, c’est différent : c’est un outil de promotion efficace car je peux tenir au courant les gens intéressés de la sortie de mon prochain maxi. Mais je dis aussi quand je viens de faire un morceau pourri. C’est aussi une bonne façon de tuer le temps en voyage, entre deux bookings. Je lis les Twitter des journaux, de certains producteurs, de Yoko Ono… Bon ça va, je leur ai fait suffisamment de pub là (rires).
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